Savoir prendre soin de soi

Après une opération comme celle que j’ai subi il faut apprendre à se recentrer sur soi et ce n’est pas évident, surtout lorsque comme moi on ne tient pas trop en place. Premiers jours déjà il faut dire quelques douleurs, ça tire, et ma nouvelle amie s’appelle poche de petits pois surgelés, pendant deux jours avant de passer par une vraie poche de froid. Mon programme : canapé, séries, sieste. Puis deux jours après l’opération première venue de l’infirmier. C’est bien car c’est rassurant. Je ne peux regarder la cicatrice que le lendemain. Je pensais être plus perturbée mais ça va. Le chirurgien a fait un boulot top, les douleurs s’estompent petit à petit et la cicatrice est plutôt belle. Je reprends la marche. Ce qui est dur : le confinement. Même si je suis maintenant une personne à risques et que j’aurais fait de toute manière très attention, ne pas pouvoir voir plus de monde pour se changer les idées, être limitée dans le rayon de marche (bien entendu je ne vois pas faire malgré tout 10 km d’un coup), c’est compliqué. Mes nuits sont parfois un peu courtes car on ne dirait pas mais le stress est là, inconsciemment. Allez bientôt le rendez-vous chez le chirurgien pour le suivi.

Je suis toute scintillante et dans les starting blocks

J’ai trouvé le jeu de mots plutôt original pour parler de la scintigraphie. Encore un examen que je ne connaissais pas ! Pas grand chose à dire, à part que vous ne scintillez pas vraiment, sauf à la radio. Allez hop encore une petite injection la veille de l’intervention, attente de 15 minutes, puis radio pour cibler le ganglion sentinelle et enfin quelques minutes d’attente pour les résultats qui seront transmis au chirurgien le jour de l’intervention.

Prête pour l’opération maintenant, j’ai vraiment envie d’y aller, d’enlever ce petit crabe ! Le jour de l’opération est là et en toute décontraction ou à peu près je veux juste qu’on m’opère, je compte les heures. Entre le moment où la radiothérapeute prépare le terrain pour le chirurgien (« plots » plantés dans le sein, dessin fait) et celui où l’on vient me chercher dans ma chambre, j’avais même peur que l’on m’oublie tellement je veux y aller. L’anesthésie générale ne me fait pas peur, j’en ai déjà subi 3. Je vais faire un petit dodo pépère et je me réveillerai et on s’occupera de moi. Vêtue de ma tenue bleue du tout dernier chic, en faisant attention de ne pas mettre la culotte sur la tête, j’attends en salle pré opératoire. Le chir vient et en regardant les résultats du second IRM et le positionnement fait par la radiothérapeute hausse les yeux car la partie à enlever est un peu plus grande. Il parle de challenge ! J’arrive à en rigoler. Redessin sur le sein de la zone à enlever, et zou on me téléporte vers la salle d’opération. A peine le temps de quelques minutes, et je suis endormie. Réveil tranquille, j’ai même tapé un petit roupillon dans ma chambre ensuite, endormie par les calmants. Conseils par l’équipe pour le retour à la maison, car tout se fait en ambulatoire. Je ne regarde pas quand on me change le pansement, pas envie encore, trop récent. Il est temps en début de soirée de repartir dans mes pénates, nouvelle étape.

Et après le mot de 6 lettres ?

Bon après ce mot (avec lequel malheureusement je n’ai pas assez de lettres pour faire un scrabble!), voici venu le temps…non pas des rires et des chants mais de la digestion, une bonne digestion car le plat servi était un peu lourd ! J’en parle, je pleure, et puis j’essaie de positiver, ce qui est quand même l’un des atouts de ma nature, mais parfois ce n’est pas facile ! Mais c’est vrai que l’une des questions qui me vient c’est « pourquoi moi »? Il n’y a pas de vrai raison m’a t-on dit. J’ai posé la question du « pourquoi moi » à mon médecin ma gynéco, mon psy…tous m’ont répondu pareil. Ce fichu cancer (car oui il faut dire le mot) couvait là, tranquille, et hop un jour il décide de se déclarer car il n’a rien d’autre à foutre le gars lol ! Oui je m’ennuie un peu, là, entre deux eaux, allez, si j’éclatais au grand jour ! Il faut maintenant avancer, faire avec, et faire tout pour qu’il disparaisse et que ça ne reste qu’une mauvaise période. J’en aurais fait en tout cas des analyses, découvert des machines…et ce n’est pas fini !

Re rendez-vous avec Mme Sie, pour vérification d’une seconde zone, vue avec l’inénarrable Rocky Machine, puis re avec mon chirurgien pour positionner la date d’intervention. C’est parti !!

Avant l’opération, je précise que je suis repassée voir l’Inénarrable, elle me manquait trop (pfff!) ! Failli louper l’examen car juste reçu l’info par mail. Et oui il fallait bien repérer la fameuse zone !

La suite au prochain épisode !

Episode oublié : L’inénarrable Rocky Machine

J’avais oublié dans mon empressement le fameux épisode de la Rocky Machine. A vrai dire j’ai peut-être fait exprès, car j’aurais préféré oublier (!). Bien sûr, avant de me laisser ingérer dedans, j’ai fait ce qu’on ne devrait pas faire : regarder sur le net à quoi cette fameuse machine ressemblait. Un petit coup de stress donc, car j’avoue que je pense être un peu claustro sur les bords ! Alors on m’a injecté un produit, je me suis allongée sur le ventre (plus pratique pour analyser la poitrine), le masque sur la bouche à cause de ce fichu virus, et là je me suis doublement dit : OMG, mais je vais flipper et suffoquer allongée ainsi ! Donc aucun rapport avec l’image qui accompagne cet article. Je n’ai pas eu du tout l’envie de chanter (surtout du Hélène Ségara !!) et je n’avais même pas de musique dans le casque, ce que j’aurais voulu et que j’ai demandé pour mon second IRM (mais ça n’a pas fonctionné, je n’ai eu droit qu’à des micro grésillements !). Cela n’a pas manqué, pas détendue du tout, j’ai du mal à respirer et surtout, surtout, c’est quoi ces bruits horribles ! On a l’impression d’être en plein milieu de travaux routiers, ça y’est je me suis reconvertie, je travaille sur les routes lol ! Je ne vais pas le cacher, j’ai bippé deux fois car WTF, on a un casque et j’ai l’impression que ça ne cache aucun bruit ! Je pense que j’ai dû un peu taper sur les nerfs des deux personnes qui me faisaient passer l’examen lol !

Un petit mot de 6 lettres

Le fameux petit mot que j’attendais je l’ai entendu finalement en ce rendez-vous d’octobre avec le gynécologue chirurgien, que je ne connaissais pas. Il m’a demandé ce que j’avais compris, je n’ai pu que lui dire que je n’ai pas tout compris, enfin j’avais compris mais pas d’une manière claire, et surtout parce que je n’avais pas reçu en pleine face ce petit mot qui pourtant m’aurait fait du bien. Mais il est donc arrivé, et ouahhhh quand on ne s’attend pas à l’entendre ça bouscule quand même. J’étais bien moi avec mes calcifications, mon petit réconfort tout doux qui me permettait de me dire que finalement ce n’était rien tout ça ou en tout cas juste un début. Mais je remercie mon « nouveau » médecin, humain, d’avoir su trouver le mot et les mots.