Prendre soin de soi !

Après la radiothérapie, le mi-temps thérapeutique a duré encore trois semaines. Trois semaines pendant lesquelles j’ai pu me poser les après-midis et prendre du temps pour moi. Et puis reprise du boulot fin mai à temps complet. Finalement la fatigue était déjà loin, et j’étais ravie de pouvoir de nouveau être à plein dans le taff. Je pense que le fait de positiver a beaucoup aidé à ce que je ne sois pas trop fatiguée et que je puisse reprendre un rythme normal. Positiver, valoriser son corps, ne pas se créer de douleurs inutiles par du stress inutile ! Essentiel !

Puis fin juin c’était le départ pour trois semaines de cure à La Roche Posay. Merci à mon oncologue pour m’avoir parlé de cette possibilité. Je la conseille fortement ! Moi qui suis parfois hyper active, je me pose et ne pense qu’à moi. J’ai déjà commencé à le faire avec ce fichu cancer qui m’a fait relativiser, en m’engageant dans moins de choses à la fois. Et la cure est une continuation. J’avoue que je n’ai pas l’habitude d’être seule pendant très longtemps ! Le rythme change totalement ! Première cure et donc découverte de comment cela se passe. C’est vraiment très réglé, et encore plus avec le Covid. Et c’est l’eau, l’eau, l’eau ! En peignoir et tongs de piscine, je déambule de la pulvérisation par la dermatologue à une cabine où je suis aspergée pendant 10 minutes de partout et enfin à un bain de 15 minutes avec bulles, sans oublier les les séances de massage sous eau. On s’y fait, c’est plutôt agréable que l’on s’occupe de moi. Je me prends même à emmener un bouquin pour le bain tranquillou ! Alors je précise ce n’est pas la thalasso, pas de hammam, de jacuzzi avec des décors de rêve mais les bienfaits sont là !

Conférences, soins annexes, papotage avec d’autres personnes qui ont aussi eu un cancer du sein…

Je suis détendue, j’en profite !

Fin des rendez-vous extra-terrestres !

25…ce fut long ! Mais je suis arrivée au bout il y a quinze jours ! Alors comment faire pour ne pas se laisser envahir par le stress pendant 25 séances ? Ne pas penser salle d’attente où tout le monde fait la tronche ou presque, et fonctionner par images mentales ! Arrivée dans le vaisseau « radiothérapie », mon cerveau s’est parfois laissé aller, en fermant les yeux et en entendant les bruits des machines qui tournent autour, à me voir dans un manège, du genre « Danse avec les Robots » au Futuroscope, un Grand 8, ou même un manège glissant le long de paysages variés, enneigés, ensoleillés…Et j’ai eu droit grâce aux manipulateurs du vaisseau à de très bons moments : une séance où j’avais envie de danser sur ma chanson fétiche « When the rain begins to fall » que j’avais de diffusée dans les oreilles (car oui les manips sont sympas et mettent une playlist), une autre où on m’a accueilli en chantant (les manips sont aussi là pour détendre l’atmosphère !) et enfin ma séance d’anniv avec la playslist « Bon anniversaire » aimablement diffusée alors que j’étais sur la table !

Alors je ne peux pas dire bien sûr que les rayons restent un bon souvenir mais ce qui compte, comme je disais, c’est le mental ! Et vous garderez du positif de tout ça ! De toute manière on est obligé de passer par là.

Pas d’effets secondaires à part la peau rosée et qui « gratouille ». Grâce à l’homéopathie et au magnétisme, sans oublier le positivisme ça s’est bien passé ! Rendez-vous à venir avec oncologue début juin et début de 5 ans médocisée ! Nouvelle étape !

Tatouage et rendez-vous chez les extra-terrestres

Oui je sais ça faisait un petit bout de temps mais me revoilà. Après ma seconde opération, l’arrêt maladie, deux mois de soins avec les gentils infirmiers et avec la sympathique kiné (séances à la maison, on aurait dit parfois plus un salon de thé vu nos papotages de mères d’ados !!), boulot repris déjà depuis un mois un demi. Reposée, rendez-vous avec l’oncologue qui me donne toutes les explications sur le suivi à venir (oui comme m’a dit le chir ce sera radiothérapie, pas le choix par rapport à ce fameux crabe lobulaire qui s’était étalé). L’oncologue est super sympa, dynamique (elle a mangé du Lion?) et me donne presque envie de faire les rayons.

Allez, moi qui eu toujours peur de me faire tatouer, voilà pas que je me fais marquer pour bien positionner pour les futurs rayons. Bizarre, surtout pour la mentionnière fabriquée en direct car chaud sur le cou au début, le jeu de legos pour caler les jambes et bras. Le scanner de positionnement n’est pas aussi long que je pensais, un ou deux allers-retours. Les rendez-vous sont pris, je vais pouvoir aller faire de la radio (chouette!).

Pas trop stressée, petit conseil : avoir une amie qui vous chouchoute en vous conseillant de l’homéopathie et qui peut vous faire du magnétisme pour les « coups de chauffe ».

Premier rendez-vous de rayons. Bon je me sens un peu seule car pas mal de personnes âgées. Le cancer du sein touche bien aussi des jeunes pourtant…Une gentille dame en blouse blanche vient me chercher. On rentre dans un vestiaire où je peux me changer (tous les vestiaires ont des noms bizarres). Personne à l’accueil, ils sont tous cachés dans une « bulle » les yeux rivés sur les ordis pour suivre les machines. On m’explique qu’après le passage vestiaire on viendra me chercher pour aller faire les rayons.

Arrivée dans la salle je retrouve les « legos »pour positionner les jambes, têtes et bras (chouette on va pouvoir jouer de nouveau!), et je retrouve (pas avec plaisir) la mentonnière. Musique dans la salle, paysage au plafond que je peux fixer des yeux, et c’est parti. Les machines tournent, envoient leurs rayons. C’est une expérience originale, j’ai l’impression d’être en voyage dans l’espace chez les extra-terrestres avec les agents qui surveillent tout depuis leur vaisseau !

Et c’est juste le premier jour. De retour maison, pas fatiguée, pas de sensation de brûlure encore. Allez ça va le faire, encore 24 séances (22 en réalité au moment où je vous écris !).

On the road to guérison !

Et voilà ça c’est fait comme on dit ! Deuxième opération (je vais finir par devenir addict mdr !), celle -ci plus importante. Pour rester comme d’habitude dans l’humour, il faut dire déjà que j’ai failli arriver à la mauvaise heure (Doctolib annonce un changement pour le matin, les secrétaires ne peuvent pas me dire pourquoi, et la clinique me répond que c’est toujours à 13h, avant enfin une confirmation du bon horaire par mail par le médecin…oufff !). Opération du coup matinale, mais comme ça plus vite je passe sur le billard, plus vite c’est fini ! Même schéma que pour l’autre fois, j’attends dans ma belle combi bleue tendance.

On vient me chercher, petites émotions dans le peu de temps que je passe dans la salle pré-op, vite ravalées car je sais que tout ça c’est pour mon bien. Allez, un autre dodo en douceur !

Réveil légèrement douloureux, la poche de froid est de nouveau mon amie ! Petite « sieste » d’après anesthésie, je n’ai droit de boire que quelques gouttes vers 17h, je ne peux me lever qu’accompagnée la première fois. Ouf le dîner arrive (enfin tout sauf gastronomique : soupe, jambon, purée, compote…un repas de reconstitution en fait ! Mais où est le foie gras et le champagne ?!!) ! C’est bientôt l’heure de se rendormir, la fatigue aidant. Passages de nuit des infirmiers (j’ai même loupé celui de 3h, ou plutôt pas eu le droit à celui-là car je dormais trop profondèment!). Le chirurgien revient le matin. J’ai eu le temps depuis hier soir de regarder l’emplacement où était mon sein gauche, caché sous le pansement. Le travail de deuil a fonctionné, je ne suis pas choquée. Je sais que je vais retrouver ensuite un autre sein. Ce ne sera pas le même, mais il n’y aura plus ce fichu cancer caché dedans. Je peux sortir dès la fin de matinée. Trois semaines d’arrêt, ça va faire du bien de se poser, tranquillement, de prendre soin de moi !

Merci à tous mes proches, familles, amis pour tous les messages de soutien, appels réguliers. C’est ce qui accompagne dans la guérison !

2021, un peu de lumière !

Une nouvelle année, du changement…c’est ce qu’on peut se souhaiter et c’est ce qui va arriver…Bientôt une nouvelle opération. Je suis retournée voir le chirurgien. Et là je suis tombée de haut, enfin de pas si haut que ça vu que j’étais assise…J’y suis allée fingers in the nose comme on dit, en pensant « ça va être au pire chimio si dans les analyses il restait quelque chose de pas très bon ». Mais cette nouvelle je ne l’avais pas vue venir…aussi retentissant que le mot de 6 lettres…et avec la fatigue aidant, je me suis mise à pleurer. Des petits satellites traînaient autour de ce qui a été enlevé, comme ceux traînant autour de la terre. Le chir prend tout son temps pour m’expliquer. Il va falloir m’enlever le sein, par précaution, pour éviter d’être dans le doute si à ma prochaine mammo tout semble bien sur le papier alors que ces satellites sont toujours là, prêts à attaquer.

Je n’y étais pas préparée. Il va me falloir faire le deuil de mon sein. J’en parle, je demande avis à des personnes passées par là pour connaître les émotions qu’elles ont vécues. Puis le stress latent, même si je

n’en ai pas l’impression, continue à faire de mes nuits des nuits trop courtes à mon goût. Fatigue…puis examens complémentaires. Découverte de celui qui manquait à la panoplie, l’ami Scan, et non pas Stan. Maintenant que je connais la fameuse machine, autant dire que Scan ce n’est rien. J’avais presque envie de m’endormir sur la table ! Scinti est là aussi. Par contre, attendre deux heures moitié salle d’attente, moitié voiture après l’injection, et avant de faire les radios, c’est un peu long !

Puis en décembre, re chir, et là oufff rien de mauvais aux résultats ! Je lui dis en rigolant que c’est tant mieux, car je ne viens pas le voir à chaque fois avec de mauvaises nouvelles à la clef. Je passe aussi à la case prothésiste et soutiens-gorge post opératoires. Je commence à me faire à l’idée qu’il va me falloir porter une prothèse, sûrement un bout de temps avant la reconstruction, si la radiothérapie est là avant. La spécialiste est sympa, elle donne des conseils, écoute. L’intervention est prévue le 19 janvier. Une fin d’année tranquille en attendant. Plus de confinement depuis quelque temps, on peut enfin bouger, aller voir la mer (20kms!) puis aller plus loin. Revoir les amis, le tout en faisant très attention. Allez une nouvelle année s’annonce, du changement comme je disais. Je suis un peu Mme Lumineuse (le prénom Estelle ne veut-il pas dire étoile?), assez pétillante, aimant chanter, danser, bouger en gros. J’avais perdu un peu de ma lumière, mais je la retrouve petit à petit, avec des nuits complètes de nouveau, du positivisme à fond. Allez, quand faut y aller faut y aller !

Savoir prendre soin de soi

Après une opération comme celle que j’ai subi il faut apprendre à se recentrer sur soi et ce n’est pas évident, surtout lorsque comme moi on ne tient pas trop en place. Premiers jours déjà il faut dire quelques douleurs, ça tire, et ma nouvelle amie s’appelle poche de petits pois surgelés, pendant deux jours avant de passer par une vraie poche de froid. Mon programme : canapé, séries, sieste. Puis deux jours après l’opération première venue de l’infirmier. C’est bien car c’est rassurant. Je ne peux regarder la cicatrice que le lendemain. Je pensais être plus perturbée mais ça va. Le chirurgien a fait un boulot top, les douleurs s’estompent petit à petit et la cicatrice est plutôt belle. Je reprends la marche. Ce qui est dur : le confinement. Même si je suis maintenant une personne à risques et que j’aurais fait de toute manière très attention, ne pas pouvoir voir plus de monde pour se changer les idées, être limitée dans le rayon de marche (bien entendu je ne vois pas faire malgré tout 10 km d’un coup), c’est compliqué. Mes nuits sont parfois un peu courtes car on ne dirait pas mais le stress est là, inconsciemment. Allez bientôt le rendez-vous chez le chirurgien pour le suivi.

Je suis toute scintillante et dans les starting blocks

J’ai trouvé le jeu de mots plutôt original pour parler de la scintigraphie. Encore un examen que je ne connaissais pas ! Pas grand chose à dire, à part que vous ne scintillez pas vraiment, sauf à la radio. Allez hop encore une petite injection la veille de l’intervention, attente de 15 minutes, puis radio pour cibler le ganglion sentinelle et enfin quelques minutes d’attente pour les résultats qui seront transmis au chirurgien le jour de l’intervention.

Prête pour l’opération maintenant, j’ai vraiment envie d’y aller, d’enlever ce petit crabe ! Le jour de l’opération est là et en toute décontraction ou à peu près je veux juste qu’on m’opère, je compte les heures. Entre le moment où la radiothérapeute prépare le terrain pour le chirurgien (« plots » plantés dans le sein, dessin fait) et celui où l’on vient me chercher dans ma chambre, j’avais même peur que l’on m’oublie tellement je veux y aller. L’anesthésie générale ne me fait pas peur, j’en ai déjà subi 3. Je vais faire un petit dodo pépère et je me réveillerai et on s’occupera de moi. Vêtue de ma tenue bleue du tout dernier chic, en faisant attention de ne pas mettre la culotte sur la tête, j’attends en salle pré opératoire. Le chir vient et en regardant les résultats du second IRM et le positionnement fait par la radiothérapeute hausse les yeux car la partie à enlever est un peu plus grande. Il parle de challenge ! J’arrive à en rigoler. Redessin sur le sein de la zone à enlever, et zou on me téléporte vers la salle d’opération. A peine le temps de quelques minutes, et je suis endormie. Réveil tranquille, j’ai même tapé un petit roupillon dans ma chambre ensuite, endormie par les calmants. Conseils par l’équipe pour le retour à la maison, car tout se fait en ambulatoire. Je ne regarde pas quand on me change le pansement, pas envie encore, trop récent. Il est temps en début de soirée de repartir dans mes pénates, nouvelle étape.

Et après le mot de 6 lettres ?

Bon après ce mot (avec lequel malheureusement je n’ai pas assez de lettres pour faire un scrabble!), voici venu le temps…non pas des rires et des chants mais de la digestion, une bonne digestion car le plat servi était un peu lourd ! J’en parle, je pleure, et puis j’essaie de positiver, ce qui est quand même l’un des atouts de ma nature, mais parfois ce n’est pas facile ! Mais c’est vrai que l’une des questions qui me vient c’est « pourquoi moi »? Il n’y a pas de vrai raison m’a t-on dit. J’ai posé la question du « pourquoi moi » à mon médecin ma gynéco, mon psy…tous m’ont répondu pareil. Ce fichu cancer (car oui il faut dire le mot) couvait là, tranquille, et hop un jour il décide de se déclarer car il n’a rien d’autre à foutre le gars lol ! Oui je m’ennuie un peu, là, entre deux eaux, allez, si j’éclatais au grand jour ! Il faut maintenant avancer, faire avec, et faire tout pour qu’il disparaisse et que ça ne reste qu’une mauvaise période. J’en aurais fait en tout cas des analyses, découvert des machines…et ce n’est pas fini !

Re rendez-vous avec Mme Sie, pour vérification d’une seconde zone, vue avec l’inénarrable Rocky Machine, puis re avec mon chirurgien pour positionner la date d’intervention. C’est parti !!

Avant l’opération, je précise que je suis repassée voir l’Inénarrable, elle me manquait trop (pfff!) ! Failli louper l’examen car juste reçu l’info par mail. Et oui il fallait bien repérer la fameuse zone !

La suite au prochain épisode !

Episode oublié : L’inénarrable Rocky Machine

J’avais oublié dans mon empressement le fameux épisode de la Rocky Machine. A vrai dire j’ai peut-être fait exprès, car j’aurais préféré oublier (!). Bien sûr, avant de me laisser ingérer dedans, j’ai fait ce qu’on ne devrait pas faire : regarder sur le net à quoi cette fameuse machine ressemblait. Un petit coup de stress donc, car j’avoue que je pense être un peu claustro sur les bords ! Alors on m’a injecté un produit, je me suis allongée sur le ventre (plus pratique pour analyser la poitrine), le masque sur la bouche à cause de ce fichu virus, et là je me suis doublement dit : OMG, mais je vais flipper et suffoquer allongée ainsi ! Donc aucun rapport avec l’image qui accompagne cet article. Je n’ai pas eu du tout l’envie de chanter (surtout du Hélène Ségara !!) et je n’avais même pas de musique dans le casque, ce que j’aurais voulu et que j’ai demandé pour mon second IRM (mais ça n’a pas fonctionné, je n’ai eu droit qu’à des micro grésillements !). Cela n’a pas manqué, pas détendue du tout, j’ai du mal à respirer et surtout, surtout, c’est quoi ces bruits horribles ! On a l’impression d’être en plein milieu de travaux routiers, ça y’est je me suis reconvertie, je travaille sur les routes lol ! Je ne vais pas le cacher, j’ai bippé deux fois car WTF, on a un casque et j’ai l’impression que ça ne cache aucun bruit ! Je pense que j’ai dû un peu taper sur les nerfs des deux personnes qui me faisaient passer l’examen lol !

Un petit mot de 6 lettres

Le fameux petit mot que j’attendais je l’ai entendu finalement en ce rendez-vous d’octobre avec le gynécologue chirurgien, que je ne connaissais pas. Il m’a demandé ce que j’avais compris, je n’ai pu que lui dire que je n’ai pas tout compris, enfin j’avais compris mais pas d’une manière claire, et surtout parce que je n’avais pas reçu en pleine face ce petit mot qui pourtant m’aurait fait du bien. Mais il est donc arrivé, et ouahhhh quand on ne s’attend pas à l’entendre ça bouscule quand même. J’étais bien moi avec mes calcifications, mon petit réconfort tout doux qui me permettait de me dire que finalement ce n’était rien tout ça ou en tout cas juste un début. Mais je remercie mon « nouveau » médecin, humain, d’avoir su trouver le mot et les mots.